La stimulation magnétique transcrânienne répétée dans la prise en charge de la fibromyalgie : étude rétrospective de sa pratique en soins courants au CHU de Montpellier, recherche de potentiels facteurs prédictifs de réponse.

Nov 25, 2020

09:00

Salle Guillaumet 1

30min

La stimulation magnétique transcrânienne répétée (rTMS) a fait ses preuves dans le traitement de la douleur depuis plusieurs années. Des données tangibles de son efficacité dans la fibromyalgie (FM) ont conduit à une recommandation de grade B. Cependant, il n’existe pas d’éléments prédictifs de réponse à la rTMS dans la FM.
Ce travail a deux objectifs principaux : premièrement, de réaliser une analyse rétrospective de l’intérêt de la rTMS du cortex moteur primaire (M1) chez des patients souffrant de FM traités en soins courants au CHU de Montpellier, et deuxièmement de rechercher de potentiels facteurs prédictifs de la réponse à la rTMS.
Le critère principal d’efficacité utilisé est l’amélioration de l’intensité douloureuse perçue (EN Douleur) et les critères d’efficacité secondaires sont la sévérité de la douleur (BPI), l’amélioration du fonctionnement global et de la qualité de vie (FIQ, BPI). La recherche de facteurs prédictifs de la réponse à la rTMS se fera de manière rétrospective et prospective en proposant de nouvelles évaluations systématiques : de l’aspect multimodal de la douleur (QDSA), de la caractérisation de la FM (IED, SSS), des comorbidités psychiatriques (MINI, HAD, BDI-2, MADRS), des altérations du fonctionnement psycho-comportemental (TSK, PCS, IEQ, CPAQ-R, MMPI-2 RF).
31 patients ont bénéficié d’une cure complète de rTMS, on retrouve un bénéfice analgésique significatif pour 19 patients (61,3 %) et sur quatorze patients ayant bénéficié d’un protocole d’entretien complet, ce bénéfice est maintenu pour dix patients (71,4 %). L’EN Douleur diminue en moyenne de 2,18 points (–32 %) en fin de cure et de 2,54 points (–42 %) en fin d’entretien. La sévérité douloureuse à la BPI diminue de 1,7 points (–27 %) en fin de cure. La qualité de vie apparait améliorée en fin de cure avec baisse des scores de la FIQ et de l’interférence à la BPI, respectivement de 15,5 points (–21 %) et de 1,9 points (–30 %). Ces résultats paraissent se maintenir en entretien. Concernant la recherche de potentiels facteurs prédictifs de réponse à la rTMS, le maintien d’une activité professionnelle est associé à une meilleure réponse. L’usage de morphiniques et le sexe masculin sont associés à de moindres bénéfices. La recherche prospective retrouve une association significative entre un faible niveau d’acceptation de la douleur (CPAQ-R) et la réponse à la cure de rTMS sur six patients. Un niveau d’injustice élevé (IEQ), l’introversion et un IMC élevé seraient également associés à de meilleurs résultats de la rTMS du cortex M1 dans la FM.
La rTMS en soins de la FM a des résultats positifs sur la douleur et la qualité de vie avec peu d’effets indésirables. Ceci confirme l’intérêt de sa place en soins courant de FM. Ces résultats peuvent être discutables sur le long terme. Une meilleure définition des profils de patients pouvant bénéficier de la rTMS pourrait être utile afin de mieux cibler la prise en charge à proposer.

  • Raphaël GONON-DEMOULIAN

    CHU Montpellier – Hôpital Saint-Eloi – Département Douleur, Psychosomatique, Maladie Fonctionnelle

    Médecin, CHU Montpellier – Hôpital Saint-Eloi – Département Douleur, Psychosomatique, Maladie Fonctionnelle

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